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  • Jomico
  • Eclats de mémoire
  • Homme
  • 09/04/1967
  • art littérature loisirs créatifs
  • Les jours passent, je n'écris rien. Je n'ai pratiquement pas touché au paquet de feuilles blanches qui me terrorisent de jour en jour. J'allume une cigarette avant d'avoir fini la précédente. Suis-je fait pour écrire ?

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Littératures clandestines


... Blessures narcissiques enfouies au fond des tiroirs, peines et joies d'amour couchées en vers sur des cahiers d'écolier, ébauches de romans ...

Nous écrivons ...

" Tout le monde écrit, et je n'écrirais pas ? "

S'indignait déjà Juvénal dans ses Satires. Ses émules sont légion parmi nos contemporains. De quinze ans et plus se sont adonnés à une activité d'écriture en amateur au cours de leur vie (journal intime, poésie, romans, nouvelles, chansons, BD, etc.).

En france, la tradition littéraire est très forte. La reconnaissance passe par l'écrit. Considérez nos hommes politiques : ils deviennent quelqu'un à partir du moment où ils laissent une trace écrite.

Ouvrez l'oeil ! Les écrivants sont partout. Votre baby-sitter, peut-être ? Votre voisin de palier, sûrement. Surveillez en particulier le sexe dit faible : les femmes sont quatre fois plus nombreuses que les hommes à tenir un journal intime.

Ecrire en dehors de toute contrainte est une activité juvénile.

La motivation de l'acte d'écrire indexe les souvenirs et les événements de la vie personnelle, comme le vivier d'inspiration.

Mais combien ont mis au propre le brouillon de leur vie puis l'on refermé. L'abandon du journal intime, coïncide le plus souvent avec les années d'installation dans la vie adulte. A croire que l'entrée en scène du moi social relègue le moi intime dans l'arrière-boutique des péchés de jeunesse. Cesse alors l'envie de se donner des nouvelles à soi-même.

Ecrire est un acte intime, voire clandestin. Si les flûtistes, les choristes et autres danseurs de tango amateurs ne font aucun chichi pour se déclarer, rares sont ceux qui, le front et le verbe hauts, clament sur la place publique : J'écris !

Pour écrire heureux, écrivons cachés ... Mais les poètes amateurs apparaissent comme les moins cachottiers.

Pas de prescription parentale, pas d'équipement ni de lieu spécifiques, aucune formation particulière : l'écriture est une activité solitaire, à faible visibilité sociale.

Être " littéraire " se révèle plus professionnel ... Et dès les premières lignes, on entend une petite musique. Si on ne l'entend pas, ce n'est pas la peine. Derrière les mots, il faut qu'on sente le bonhomme !


















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