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  • Jomico
  • Eclats de mémoire
  • Homme
  • 09/04/1967
  • art littérature loisirs créatifs
  • Les jours passent, je n'écris rien. Je n'ai pratiquement pas touché au paquet de feuilles blanches qui me terrorisent de jour en jour. J'allume une cigarette avant d'avoir fini la précédente. Suis-je fait pour écrire ?

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Journal d'un cinémateur


Ce n'est pas par égotisme que je dis je.
C'est parce qu'il n'y a pas d'autre moyen de raconter vite, lançait Stendhal au seuil de ses Mémoires d'un touriste.
Mais était-ce bien là l'unique raison ?
Le je suppose un tu, un lecteur imaginaire avec qui l'on se plaît à causer, une sorte d'ami idéal, qui, sachant écouter, épargne à celui qui se pique d'écrire la posture quelque peu ridicule du prophète clamant dans le désert.
Je me suppose donc aujourd'hui un lecteur, grave et responsable, une fourmi familière qui me demanderait :
" Que faisiez-vous aux temps chauds ? "
Je ne pourrais lui répondre sans mentir :
" Je me suis mis à l'ombre, dans les salles obscures. "
Non, comme tout à chacun, j'ai joué ma cigale, bien que doué d'une voix de fausset égalant dans l'inaudible celle de Louis XV ou de Napoléon.
Cette chronique qui ne s'écrivait pas m'était un remords, lorsque je m'ébattais dans la Grande Bleue passablement grisâtre, comme le phoque qui, tout près, multiplie les grâces dans l'embouchure de la Touques, ou quand, à longs traits, je m'abreuvais les yeux de mes verts pâturages.
Mais j'avais une excuse toute trouvée :
L'offre des écrans d'alentour ne correspondait en presque rien à ma demande.
Je m'en doutais ;
Aussi à la fin d'un mois de juin, quand on nous caniculait à l'avance, avais-je pris quelques précautions.
Mais, cueilli à chaud par ces prémices brûlantes, je m'étais laissé aller à ne pas prendre de notes.
Que me reste-t-il de ces films de début de cet été ?

Je me souviens de Douches froides, que j'avais peut-être élu par son titre rafraîchissant, un film du réel, refusant tout pathos dans sa description d'une famille française dans la gêne (les douches froides étant ici des douches d'inconfort, afin d'éviter que la consommation d'eau chaude n'entraîne la coupure de l'électricité).
Ce film d'apprentissage restitue très sensuellement et très finement le vertige passager quand le héros tente de sauter par-dessus le fossé économique et culturel séparant les classes sociales.



" Douches froides "
Réalisé par Anthony Cordier (2005)












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