Partager l'article ! Le bout du chemin: La lune témoin éclaire les visages divins de ciel Et leurs bouches qui se courtisent Toute la nuit ils s ...
Les
étoiles, le ciel et la terre. Les arbres, les fleurs et la mer. Un jour je suis, l'autre j'étais.
Les secondes, les minutes et les heures ...
Je suis le temps parfois qui pleure. Je suis l'instant parfois bonheur. Je suis l'instant parfois douleur.
Une idée, un sourire ou même un rire ...
Je suis les mots que l'on écrit simplement. Je suis les mots pris d'un pouvoir charmant.
Une feuille de papier encore toute blanche. Une plume, un encrier, j'attends qu'il relève sa manche.
Lui qui m'apprivoise, qui me donne la vie !
C'est écrivain qui mot à mot fait de moi une poésie ...
La lune témoin éclaire les visages divins de ciel
Et leurs bouches qui se courtisent
Toute la nuit ils s'aimèrent
Entre leurs chairs de nickel et de cuivre
Leurs sens étourdis s'endormirent
Par le silence fragile et complet
Naviguent leurs ardents voiliers
Et sur la paille endiablée
Ils atteignirent les plus lointaines étoiles
La lune souriait. Des anges de lumière
Enneigeaient le sommeil de leurs pas si légers
Dans la vapeur du soir, ils ferment leurs paupières
Ils se tiennent sur le sable de la mer. Puis je vis monter de la mer une bête qui avait dix cornes et sept têtes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blasphème.
Mon âme, leurs vies d'un souffle s'est envolées
Ainsi qu'une bulle, dans l'éther ils voltigent
En quête d'infini, loin du mausolée
La fin n'est pas une fin, ils atteignent les vertiges
Ils flottent dans la joie de la simplicité
Tandis que je meurs étouffé par les larmes
Ils goûtent à l'aurore de la félicité
Pourquoi suis-je si noir, malheureux et sans arme ?
hélas ! J'ai cru rêver qu'ils étaient à moi
Egoïste pensée qui me condamnera
Pendant qu'ils frôlaient le parfum de l'émoi
Je veillais sur leurs ombres, et je devinais
Petite fée si bleue, perchée sur ton étoile
Que mon coeur s'est ouvert aux rires et aux promesses
A ta vie d'arc-en-ciel, tissée comme un grand voile
Sur le livre de l'amour que tu appelles sagesse
Ces longues branches retombantes
Modèle mon arbre en une forme affligeante
Puis une barre d'attache relie le discours
Continue, reprise nécessaire
Refus d'identité, refus de passé, si différent de l'attente
J'ai voulu voir la terre !
Et j'ai vu passer en ces ères lointaines
Le temps des créations encore inachevées
Le temps où le silex allumait dans les plaines
Et dans la grotte obscure, une flamme orangée !
J'ai vu le temps, où, allant aux croisades
Pieusement adoubés, partaient les chevaliers
J'ai vu couler le sang, en maintes estocades
Et courir les chasseurs, sous les sombres halliers
Ma pierre est une musique gelée, ces paroles sont le souffle de mon âme
J'ai mis le masque de lune pour aller chercher Colombine
Exilée dans les étoiles presque deux mille ans
Je lui parle de la terre, je lui raconte les hommes
Elle me répond bruit et colère
Elle me dit qu'un oiseau blanc s'est posé
Je garde de cet instant la douceur d'être nid
Et le désir infini de l'arbre d'arracher ses racines
Et d'oublier la terre
Puis, j'ai vu rayonner toute la renaissance
Edifier des châteaux, en la Loire, mirés
Le temps de la fierté, le temps de la vengeance
Le temps des miséreux, à la glèbe, courbés !
J'ai vu au bout du chemin
La terre, souillée par guerres et par feux
Terre imprégnée de sang
Celui des rouges, celui des blancs
Poussière lavée par le temps
Se déferle en ton sein
Le sang blême de tes assassins
Parmi le béton et les murailles
Où le poison t'anéantit doucement
Juste un instant
Calices festonnés, balançés par le vent, parfum léger, par vagues se répandent
Instant blanc
Silence complice, le coeur ouvert grand, le calme glisse
Dans nos yeux sans âge
Instant
Histoire en cage, au bord d'un précipice
Même la craie des poussières laisse des statues
Entre les mailles du parquet
Et les bras d'un fauteuil amputés
Un jour d'applaudissements et puis plus rien
Plus d'ombre, plus de ciel
Seulement, de la poussière grise qui s'agglutine en couches humides
En manteaux poisseux
Sur le visage d'une poupée laissée au hasard d'une dispute d'enfants
Vers le bout du chemin
Il n'y avait rien d'autre que la mer en face
Il n'y avait rien d'autre que ces nuages qui allaient au large
Et que les vagues croisaient
Il n'y avait rien d'autre, c'est vrai, que ces bruits d'oiseaux
Qui n'osaient perturber cet étrange matin que la nuit avait déserté
Je ne voulais être nulle part ailleurs
... Enfin je veux bien croire qu'il n'y avait personne
Rien d'autre qu'une époque au détriment d'une autre
J'écris, j'écris et mes doigts saignent de mots
Le long du jour rêche en bande traîne et amenuise aujourd'hui
Parce que c'est dans cet écart
Que je vois comment se déplie le bout du chemin
Et comment se dépliant il y a ...
Peut-être rien