Partager l'article ! Vivre l'instant présent: L'instant est la profondeur vertigi ...
Les
étoiles, le ciel et la terre. Les arbres, les fleurs et la mer. Un jour je suis, l'autre j'étais.
Les secondes, les minutes et les heures ...
Je suis le temps parfois qui pleure. Je suis l'instant parfois bonheur. Je suis l'instant parfois douleur.
Une idée, un sourire ou même un rire ...
Je suis les mots que l'on écrit simplement. Je suis les mots pris d'un pouvoir charmant.
Une feuille de papier encore toute blanche. Une plume, un encrier, j'attends qu'il relève sa manche.
Lui qui m'apprivoise, qui me donne la vie !
C'est écrivain qui mot à mot fait de moi une poésie ...
L'instant est la profondeur vertigineuse
D'un présent accompli
Une étincelle d'infini que seul l'esprit peut épouser
Bonheur fragile, bonheur qui passe et qui parfois s'efface.
Le bonheur anesthésie les sens et tue la créativité.
J'ai mis sur son compte la cause de mon incapacité à écrire et me suis retiré en un lieu où rien ne filtre qui puisse me distraire.
De la chaux sur les vitres, aucun tableau aux murs.
Voilà le cadre strict et neutre que je me suis imposé pour ne pas être influencé.
Mes seuls liens avec l'extérieur sont un peu de pain, du fromage de brebis, quelques olives et des oignons que j'ai emportés.
Il paraît que les oignons préservent du scorbut.
Ils font aussi pleurer.
Et les larmes stimulent la sensibilité qui draine l'inspiration en surface le long des canaux lacrymaux.
Je n'ai jamais connu de conditions aussi favorables.
Je n'ai jamais été aussi seul, aussi libre, aussi près du but.

L'instant ne s'impose jamais
Il est l'expérience du vrai et de l'immédiat
Il est tout à la fois une force et une délicatesse
Quand je retournerai vers la lumière, j'offrirai au monde ébahi le manuscrit d'un texte où s'engouffreront des générations de lecteurs éblouis.
Mon chant fascinera les enfants.
Les critiques me compareront à Goethe et à Werther.
On dira que c'est bien plus fort.
... Les jours passent, je n'écris rien.
Je n'ai pratiquement pas touché au paquet de feuilles blanches qui me terrorisent de jour en jour.
Je mange de plus en plus nerveusement.
Comme on allume une cigarette avant d'avoir fini la précédente.
Si j'avais noirci autant de pages que j'ai ingéré d'olives, je tiendrais mon bouquin.
Je devrais essayer d'arrêter de m'alimenter.
Demain.
L'infinie légèreté de l'instant n'a d'égale que le sentiment d'éternité auquel il invite
Il faut dépasser le temps pour découvrir ce qu'est l'instant
Depuis quelques jours, je sculpte avec un canif de petits cubes dans le fromage de brebis.
J'y ai gravé plusieurs fois l'alphabet.
Une sorte de jeu de dés.
Après tout, " longtemps, je me suis couché de bonne heure. "
N'est qu'une combinaison de vingt-six éléments alternant de façon aléatoire les lettres comprises entre A et Z.
La martingale ne doit pas être si difficile à trouver.
Dans la larme qui coule sur mon visage
Se retourne un passé ...
Des histoires, des retours.
Et je repense à cet instant où j'ai tout voulu quitter.
Je pris cette arme et voilà, je partis dans ce monde.
Mais c'est à cet instant que je compris que je venais de quitter mon enfance ...
Je brûle et meurs de vivre ...
Bonheur fragile, aujourd'hui tu es là
Et je te vois sourire ...
Création Art ' E mi dore